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AlgerALGER
Histoire ancienneVraisemblablement fondée au VIIe siècle avant l'ère chrétienne, son nom, qu' attestent les pièces de monnaie trouvées en 1940, lui vient des îlots qui lui font face. Après la chute de l'empire romain, l'histoire d' Alger se confond avec les bouleversements des invasions vandales (429-534). Signalons toutefois, qu'au cours de cette période, la ville a été un laps de temps le siège d'un évèché. Au cours du 7ème siècle, à l'aube de l'Islam, s'installe sur le site la tribu des Beni Mezrenna, qui s'adonne à l'agriculture et à l'élevage. Elle entretient, par ailleurs des relations commerciales avec les villes de la rive nord de la Méditerranée. En 952, Bologuine Ibn Ziri Ibn Manad fortifie et agrandit le site occupé par les Beni Mezghana et lui donne le nom d'El-Djézaïr, par référence aux quatre îlots qui faisaient face au rivage.
La population s'accroit de nombreux émigrés andalous et la ville s'agrandit. En 1510, les Espagnols qui tentent de la soumettre construisent la forteresse du Penon. Face à la persistance de la croisade chrétienne, la population d'Alger sollicite la protection des frères Barberousse qui s'installent à Alger en 1516. El-Djezaïr devient une dépendance de l'Empire ottoman grâce aux corsaires turcs qui luttent contre l'influence espagnole. L'arrivée des frères Barberousse, va changer radicalement la destinée de la ville. Le pirate et ses successeurs vont dès lors écumer la Méditérranée jusqu'à la veille du débarquement français en Berberie. Le pouvoir administratif est confié à une dey (1671) et Alger devient une base d'action des pirates turcs (Barberousse) en Méditérranée. La vieille ville Casbah est d'époque ottomane (classée au Patrimoine mondial en 1992). Présence turque
Le corsaire Aroudj Barberousse se dirige vers Alger, avec dix-huit galères et trois navires chargés dartillerie ; un de ses lieutenants lavait déjà précédé à la tête de douze cents Turcs ou renégats, depuis longtemps dévoués à sa fortune. Une fois installé à Alger, Aroudj fit quelques démonstrations hostiles contre le Peñon et les Espagnols; mais son affaire principale, ce qui le préoccupait avant tout, cétait de semparer du pouvoir. Accueilli tous les jours chez Eutemy comme un libérateur, il put apprécier le caractère de son hôte, doux et timide, inhabile au métier des armes; ses farouches Turcs, logés chez les principaux habitants, leur avaient inspiré une crainte profonde. Depuis son arrivée à Alger, toutes les démarches dAroudj, toutes ses paroles, tous ses entretiens, neurent dautre but que de se rendre redoutable à la multitude. Lorsquil crut les voies suffisamment préparées, lorsquil pensa quil pouvait impunément tenter un coup décisif, il ordonna à ses gardes détrangler Eutemy, et se déclara souverain dAlger. Les principaux habitants voulurent sopposer à cette usurpation ; Aroudj les fit saisir et les livra au cimeterre de ses soldats. Menacés par les Espagnols, dominés par lascendant moral dAroudj, intimidés par la force brutale des Turcs, les Algériens finirent par accepter le pouvoir nouveau qui leur était imposé. Dès ce moment, Aroudj agrandit son rôle ce nest plus un corsaire aventureux, sillonnant les mers pour augmenter ses prises; cest un politique adroit, cest un stratège habile qui, sans autre ressource que ses Turcs et ses renégats, entouré de populations hostiles, continuellement attaqué par les Arabes et les Espagnols, entreprend néanmoins de se maintenir dans un pays étranger, et atteint ce résultat, à force de courage, daudace et de persévérance. Disons-le, cependant, Khair-Eddine, son frère, le seconda puissamment dans cette tâche, et, après la mort dAroudj, ce fut lui qui parvint à consolider la domination turque sur les côtes de la Berbérie. Quelques historiens ont pensé quAroudj ne soccupa ni du gouvernement intérieur de lodjak, ni de ladministration des domaines qui en dépendaient ; cest une erreur. Aussitôt après le meurtre dEutémy, Aroudj détermina les attributions des différents pouvoirs telles quil les avait conçues et telles quelles se sont maintenues, à très peu de modifications près, jusquà lentière destruction de la domination turque en Algérie. A peine est-il reconnu souverain dAlger, Aroudj chasse les Arabes de leurs emplois, dont il investit ses officiers les plus dévoués, et déclare solennellement que les membres de sa milice auront seuls désormais le droit dy concourir. Pour soustraire entièrement sa puissance à linfluence locale, Aroudj refuse aux fils mêmes des miliciens nés à Alger le droit de faire partie de lodjak; il veut que ce corps ne soit exclusivement composé que de musulmans originaires de la Turquie, ou de renégats étrangers. Ces deux bases, comme on voit, plaçaient le gouvernement militaire dAlger dans les mêmes conditions que la république militaire des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Il existe encore dautres points de ressemblance entre les deux institutions à Rhodes, les chevaliers partageaient seuls lautorité avec le grand-maître, et le chef de larmée conduisait ladministration de la guerre. A Alger, le divan ou conseil de régence ne fut composé que des officiers de la milice, et laga remplissait les doubles fonctions de ministre et de commandant. Au reste, pour donner une sanction religieuse à sa constitution, Aroudj en attribua lidée première à un marabout très renommé dans le pays, à Sida-Abd-er-Rahman, et dont il sut exploiter la popularité au profit de sa politique. Pendant quAroudj travaillait ainsi à organiser son pouvoir, Khair-Eddine, qui tenait la mer, arriva à Jijel, amenant des prises considérables. Là, il apprit létonnante fortune de son frère, et il sempressa daller mettre à sa disposition ses ressources et son courage. Ce renfort nétait pas inutile dans les circonstances difficiles où le sultan improvisé devait bientôt se trouver. La villeDescription Le circuit des murailles de cette ville peut être par sa forme, comparé à un arc muni de sa corde; son front de mer s'étend entre l'Est et l'Ouest; le port suit également cette direction, ainsi que les angles, galeries et les terrasses de toutes les maisons, qui sont dépourvues de fenêtres. A l'intérieur de ses murailles, elle ne renferme que 12200 maisons, grandes et petites, car le développement de son enceinte n'est pas considérable, et qu'il n'y a pas une seule de ces habitations qui ne contienne une cour d'une plus ou moins grande étendue. Toutes les rues, plus étroites que les rues les plus rétrécies de Grenade, de Tolède ou de Lisbonne, peuvent livrer passage à un cavalier, mais pas à deux hommes de front. Une seule rue fait exception, c'est la grande rue du Socco (souk, marché), qui traverse la ville, en ligne directe, de la porte Bab-Azoun à la porte Bab-el Oued, parce qu'elle forme un espèce de marché, bordée de chaque côté, d'un nombre infini de boutiques, où l'on vend toute sorte de marchandises; encore, cette rue, qui est la principale et la plus large voie d'Alger, atteint à peine dans sa plus grande largeur 40 enpans tout au plus, et sur bien des points, elle est de beaucoup plus étroite. En résumé, les maisons de cette ville sont tellement agglomérées et serrées les unes contre les autres, qu'elles la font ressembler à une forme de pain bien unie. Il résulte de cet état de choses que les rues sont très sales, pour peu qu'il pleuve, parce que toutes ont le grand inconvénient d'être très mal pavées. Les maisons sont généralement bâties à la chaux et très solidement, couvertes en terrasses, sur lesquelles on étend au soleil le linge pour le faire sécher. Les maisons sont tellement rapprochées et les rues si éteintes, que l'on pourrait parcourir presque toute là ville en passant d'une maison à l'autre; c'est du reste, le Moyen qu'emploient pour se visiter, beaucoup de femmes de la ville. Il est bien peu de ces maisons qui n'aient, avec un grand vestibule, une cour spacieuse destinée à éclairer largement l'intérieur; car, comme les Maures ne veulent pas que leurs femmes ou leurs filles voient au dehors ou soient vues, ils ne font pas ouvrir de fenêtres sur les rues. A l'extérieur des remparts, on ne trouve point, quant à présent, comme dans toutes les localités, d'autre faubourg que vingt-cinq maisons environ, formant une rue qui, des abords de la rue BabAzoun, suit la direction du Sud. La ville d'Alger est bâtie en amphithéâtre sur un rocher dont l'inclinaison est tournée vers l'Est. L'enceinte de cette étrange cité, telle que nous la trouvâmes, avait la figure d'un triangle, dont la base, formant une ligne brisée tracée par le rivage, présentait le côté le plus étendu. Les deux autres côtés montaient jusqu'à la Casbah, située au sommet du triangle. Un mur à l'antique, avec des tours de distance en distance et avec un espèce de fossé du côté Sud et un ravin profond du côté Nord, fermait cette enceinte. La ville offrait l'aspect d'une masse de maisons, recouvertes d'un enduit d'une blancheur éblouissante, que sillonnaient des ruelles étroites et tortueuses, où deux mulets ne pouvaient se croiser qu'au moyen des retraites qu'on avait pratiquées çà et là. La petite île, sur laquelle étaient établies les batteries qui rendaient Alger formidable du côté de la mer, était rattachée à la terre par un môle. C'était cette île qui, avec le môle muni de batteries casematées, enfermait le port ou la darse. La ville avait cinq portes: deux ouvraient sur le côté de l'enceinte triangulaire régnant le long de la mer; deux autres se trouvaient aux extrémités inférieures des deux autres côtés de l'enceinte, l'une appelée Bab-Azoun, c'est-à-dire d'Azoun, au bas du côté Sud, et l'autre dite Bab-El-Oued, c'est-à-dire porte du ruisseau, au bas du Côté Nord. La cinquième, nommée Porte-Neuve, se trouvait à environ cent vingt mètres au-dessous de la Casbah, sur le même côté de l'enceinte que la porte Bab-Azoun. Hors des deux portes Bab-el-Oued et Bab-Azoun, étaient deux faubourgs dits faubourg de Bab-el-Oued et faubourg de BabAzoun. Hors de ces deux portes, la ville était aussi flanquée de deux forts, élevés sur les bords de la mer. L'un, appelé Fort-Neuf, était voisin de la porte Bab-el-Oued et armé de trente-six bouches à feu; l'autre, situé à trois cents mètres de la porte Bab-Azoun et appelé fort Bab-Azoun, était armé de quarante-huit bouches à feu.
La médecineIl n'y a pas, à Alger, d'hôpital ni d'école de médecine ni d'infirmerie, encore moins de diplômes institutionnels. Aucun médecin mâle ne pouvait pénétrer dans les familles indigènes pour soigner femmes et enfants. L'enseignementL'enseignement n'existe pas, si l'on excepte l'enseignement de la théologie musulmane et du droit coranique délivré dans les Médersas, encore est-il, à Alger, d'un niveau très inférieur à celui de la Qaraouine de Fez ou de la Zitouna de Tunis. Les sciences et les techniques sont l'objet d'un profond mépris pour le "Maure" moyen. Seul les garçons vont, (pas tous), à l'école élémentaire (m'sid) pour apprendre à lire et à écrire l'Arabe; s'ils parviennent à apprendre par coeur les premiers versets du Coran, ils entrent à la Médersa et deviennent taleb. Les filles, elles, restent à la maison pour apprendre à faire le ménage et la cuisine, tisser la laine, broder etc... Les Juifs n'ont pas accès à l'école coranique, ils vont à la synagogue où ils apprennent les rudiments d'arithmétique et de calcul indispensables pour leurs professions commerciales. La casbahLa ville d'Alger, toute blanche, dominée par la Casbah, résidence du gouverneur qui impose au pays la loi du sultan de Constantinople. La ville a la forme d'un triangle dont la Casbah est le sommet, un sommet de plus de 100 mètres d'altitude. Depuis le XVIe siècle les commerçants français payaient au Dey le droit de faire du négoce dans les « concessions d'Afrique » qui trafiquaient surtout du corail. Ces concessions avaient été renouvelées en 1818. Depuis le Congrès de Vienne, le Dey n'avait plus le droit de réduire les chrétiens à l'esclavage et d'en faire commerce. Il avait dû rendre, en 1816, mille captifs chrétiens sous la menace d'une flotte anglaise. Mais il continuait à pratiquer en Méditerranée des raids de corsaires, la course, comme on disait. La place, avec ses nombreux canons, était impressionnante. Elle était protégée du côté des terres par un fortin bien pourvu en artillerie. Sur le port les Algérois pouvaient bombarder à l'aise la flotte quand elle tentait de s'approcher. Le nid de corsaire pouvait résister. La forteresse date du XVIe siècle, elle a plus de cent vingt canons. le 5 juillet 1830 Eblé entre dans la Casbah déserte. "Il est interdit de piller". Mais il est surpris de l'abondance des biens emmagasinés. On dirait un comptoir commercial, remarque-t-il. Il y a des milliers de coupons de soieries lyonnaises, de cotonnades. Décidément les femmes du Dey étaient coquettes. Le drapeau blanc à fleurs de lys flotte sur la Casbah. Les troupes françaises sont bien approvisionnées, elles reçoivent du vin, du pain frais. On plante dans les beaux jardins mauresques des carottes et des navets pour nourrir la troupe. Les mosquées sont transformées en corps de garde ou en hôpitaux. L'occupation de l'Algérie commence. Les premiers colons arrivent et défrichent, sous la protection de l'armée. Une sorte de colonisation spontanée, non voulue par les autorités parisiennes, se développe dans l'anarchie. L'Algérie française est née. Sous un drapeau qui n'est pas tricolore, et sans aucune volonté politique des gens de Paris. Présence française
Les Français prennent la ville en 1830 à Hussein, dey Turc, gouvernerneur de la Régence d'Alger pour le compte de l'Empire Ottoman de 1818 à 1830. Cette entrée donc, allait ouvrir un formidable chapitre de lHistoire de France, mais aussi de lHistoire de la Méditerranée. Très rapidement, latmosphère de lancienne ville pirate change du tout au tout. A ce cloisonnement, générateur dun rythme de vie immuable, se substitue, non sans une certaine pagaille, un esprit que lon peut qualifier de cosmopolite : que lon en juge ! Aux autochtones évoques, dont ceux qui avaient le plus à souffrir de la rudesse turque ont accueilli les soldats français en libérateurs se joignent ces soldats, en provenance de toutes les provinces ; sy ajoutent très rapidement, pour les besoins de lintendance et du génie militaire, mais aussi poussés par tous ces instincts puissants que suscite un Monde nouveau, jusqualors terrifiant et qui semble souvrir à la vie des hommes dEurope Continentale et du pourtour méditerranéen : négociants marseillais, ouvriers de toutes origines, notamment des Piémontais, des Sardes, des Allemands, des Suisses, des Mahonnais qui vont fonder les premiers villages, enfin, et parmi les premiers : des Maltais. Les Britaniques et les Américains débarquent lors de le Seconde guerre mondiale en 1942. Le Comité Français de la Libération nationale est créé en 1943 et se transforme en 1944 en Gouvernement provisoire de la République Française. De 1954 à 1962, Alger est le théâtre de luttes violentes entre les forces françaises et les partisans du F.L.N . Bab-el-OuedD'abord Alger eut besoin de pierres pour construire la jetée du port. Alors surgirent les carriers de Valence qui arrachèrent les blocs au flanc de la montagne, ouvrant ainsi d'un premier coup de pioche ce qui est aujourd'hui la gigantesque carrière Jaubert. C'est pourquoi le plus vieux quartier de Bab-el-Oued s'appelle la Cantera - "la Carrière". Pour permettre le passage des lourds convois, on démolit la porte de l'oued, et près de la carrière, berceau de pierres de Bab-el-Oued, on construisit un bassin parce qu'il fallait faire boire les chevaux. C'est pourquoi le second quartier de Bab-el-Oued s'appelle la Bassetta - "le Bassin". Au travers du ravin au fond duquel coulait le fameux oued, on bâtit un moulin, plus bas on installa une pompe, à laquelle les femmes vinrent chercher l'eau comme en Espagne ou à Malte, comme en Italie ou aux Baléares. Il restait à relier le faubourg naissant à la ville. Surgirent les Messageries, et la petite plage au bord de laquelle se jetait l'oued entre les rochers de Saint-Eugène et ceux du Cassour devint le bain des chevaux. Au fond d'une excavation qu'on appelait "le trou"*, on donna des courses de taureaux. Et comme ceux qui accompagnaient les convois funèbres au cimetière de Saint-Eugène avaient besoin de se réconforter pendant que les familles enterraient leur mort, Bab-el-Oued poussa vers eux une presqu'ïle de guinguettes et de bistrots. Quand l'oued M'kacel eut été enfui dans le béton et transformé en égout et quand la gare eut remplacé les Messageries, Bab-el-Oued sut qu'il était devenu une ville plus importante que cent autres villes de France qui étaient déjà célèbres quant le faubourg n'existait pas encore. Dans la ville, les quartiers s'appellent toujours la Cantera, la Bassetta, la Pompe, le Moulin, les Messageries... et la presqu'île de cafés qui s'allonge vers le cimetière a reçu le nom de Consolation. Ces Maltais, ces Andalous, ces Siciliens, ces Mahonnais, ces Napolitains, ces Catalans et ces Génois qui débarquaient sur le sol d'Afrique, à l'embouchure dérisoire de l'oued M'Kacel, imaginaient poser le pied sur les rives du pays de Canaan. Source : Alger-Bab-el-Oued extrait partiel D4UN ESSAI DE 1956 de Jean Brune La ColonisationMonuments et sites classés
- Parc de Galland Aménagé sur un terrain légué à la ville par Charles de Galland, fondateur du parc et maire d'Alger, en terrasses coupées d'escaliers ses magnifiques jardins, son escalier monumental et dans le haut un zoo miniature ainsi que le musée de Stéphane Gsell. - Musée des Antiquités - Musée du Bardo Le Musée du Bardo d'Ethnographie et de Préhistoire, magnifique création du Gouvernement Général de l'Algérie inauguré en 1930 à l'occassion du Centenaire est situé dans le centre d'Alger dans un monument qui aurait été bati par un riche Tunisien, exilé pour sa résidence d'été.Il le revendit à un Français M.Joret qui l'accomoda à ses besoins , l'agrementa de plantations et qui ajouta une extension pour de vastes communs. Le Musée du Bardo avec son magnifique jardin a été classé Monument Historique en 1985. - Musée Nationale des Beaux-Arts Ses plans comme le choix de son emplacement furent l'étude minitieuse où le grand talent de l'architecte algérois Paul Guion trouva la façon de s'exprimer de la façon le plus brillante. Un tel cadre ne pouvait mettre davantage en valeur les magnifiques collections rassemblées par le professeur Alazard qui dirige le Musée depuis sa création, classé parmi les plus beaux musées de France. - Peinture ancienne : La collection ancienne du Musée a commencé à se constituer en 1908 et 1914, elle englobe six siècles d'histoire de l'art, comprenant des écoles italienne, suisse, rhénane, hollandaise et flamande, l'Ecole de Barbizon, l'Orientalisme. cliquez sur les photos pour les agrandir
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Place Maréchal Bugeaud |
MC Alger
Le Mouloudia Club d'Alger, ou MC Alger, est un club de football algérien basé à Alger. Mouloudia Achaabia Al Djazaïria en arabe, le club est fondé en 1921, il est le doyen des clubs algériens et deuxième club le plus titré.
Historique
Mouloudia Club d'Alger par son appellation tirée de "Mouloud" car la date de fondation du MC Alger (7 août 1921) correspondait avec la fête du "Mouloud" et c'est pour cela que le club s'appela "Mouloudia".
Une des anciennes équipes du Mouloudia datant des années 1920.
En l'an 1921 un groupe de jeunes Algériens de la Casbah (Historique quartier d'Alger) entrèrent en contact avec leurs compatriotes de Bab El-Oued (Quartier Populaire d'Alger) avec l'intention de fonder un club de football Algérien et le contact fut établi en grande partie grâce à (Hamoud Aouf) qui assurait la liaison entre les deux quartiers, la réunion qui donna naissance au club fut à l'arrière boutique du café "benachere" actuellement "Yahi", et parce que ce jour (7 août 1921) coïncidait avec le " Mouloud " le club fut appelé " Mouloudia Club d'Alger " à noter aussi que parmi les présents dans cette réunion il y avait (El Hadj Derriche), pour ce qui est des couleurs (vert et rouge) ils furent choisi pour ces raisons :
Le Mouloudia est bien plus qu'un simple club de foot, c'était un club algérien musulman le seul, mais il a provoqué par la suite un vrai mouvement sportif musulman avec sa popularité qui ne cessait de s'agrandir au point d'inquiéter le régime colonialiste français.
Sa première saison 1921/1922 dans la "ANAFA" avait connu des hauts et bas, la saison suivante 1922/1923 le MC Alger fut officiellement admis à la ligue régionale Algérien (FFF) et cela à la 4e division, mais malgré ces belles prestations et la qualité de son jeu le MC Alger n'a pas pu accéder à la division supérieure sous l'ombre de la presse Française qui évitait de publier les résultats et les news du club par crainte d'augmenter sa popularité du club, mais aussi par l'apparition de la loi "BORDES" qui obligeait les clubs musulmans à contenir en moins deux joueurs européens et cela avec l'intention de réduire la popularité du club qui ne cessait de s'agrandir, alors il a fallu attendre 14 saisons pour voir le MC Alger accéder à la légion d'honneur et ceci s'est fait en cours de la saison 1935/1936 après une domination totale du MC Alger durant l'année qui s'est terminée par un match barrage contre le club Français Olympique Maringo actuellement USM Hadjout, qui s'est vu être rejoué 3 fois après 2 matchs nuls ce qui était une première dans l'histoire de la (FFF), mais au terme de la 3e rencontre c'était le MC Alger qui gagna avec le score de 2-1 , c'était alors la 1re montée dans l'histoire du club.
Durant ses premières saison dans la légion d'honneur le MC Alger jouait les premières place dans le classement mais il voyait l'accession lui échapper toujours durant la dernière journée du championnat ce qui lui a valu le surnom par la presse française de : « léternel dauphin » du fait que cela se reproduisait plusieurs année de suite.
Le bon classement du MC Alger dans cette division ans que sa belle prestation lui ont permis de jouer la coupe dAfrique du Nord mais ce dernier n'a pas dépassé les 8e de finales, le MC Alger a jouait aussi quelques matchs amicaux contre : Lokomotiv Moscou, Rapid de Vienne, Olympique Gymnaste Club Nice Côte d'Azur durant la saison 1939/1940 surnommée "la saison de la guerre" en raison de la 2e guerre mondiale, et pour la même cause, le championnat français avait connu un retard ainsi que le partage de la division d'honneur en Algérie en 3 groupes, le MC Alger avait dominé dans son groupe, puis a battu les leaders des groupes A et B pour se retrouver champion de "la saison de la guerre " ce qu'a mis ses nombreux supporters dans un état euphorique dans les ruelles d'Alger Si le titre qu'avait remporté le MC Alger en 1939/1940 n'était que symbolique (tournoi amical), il a pu au terme de la saison 1943/1944 terminer leader et remporter le titre de champion de la ligue d'Algérie devançant l'ASSE, ce titre fut le dernier avant la libération nationale. Avant l'arrêt de tout club algérien et l'abstention de toute participation aux différentes compétitions et cela répondant à l'appel de l'FLN en 1956, il y a eu un certain match qui reste gravé dans l'histoire du foot algérien ce match s'est déroulé entre le MC Alger et la JS Kabylie dans le cadre de la coupe dAfrique du Nord et qui s'est terminé sur une écrasante victoire du MC Alger par 7-0, ce match a eu lieux le 4 octobre 1951 . Après la libération nationale (1962), le MC Alger ainsi que l'USM Alger s'étaient qualifiés pour disputer la finale du ligue régionale Algérien, mais le MC Alger l'a perdue par le score de 3-0 Un an après (1964) le MC Alger n'a su faire mieux que décrocher une place parmi les clubs qui joueront le 1er championnat national en 1964/1965, durant cette saison le ministre de la jeunesse et des sports fait reléguer le MC Alger en D2 ou il demeura 3 saisons Le retour du Mouloudia en nationale-une avec une douvelle génération de joueurs comme Omar Betrouni, Kaoua, Bachi et autre Tahir fut en force surtout les trois premières saison en terminant 4e avec 46pts en 68/69 2e avec 52pts en 69/70 et 3e avec 46pts en 70/71 , il a aussi gagné la coupe d'Algérie et un trophée arabe Une grande équipe s'était formée sans doute avec des joueurs de talent qui ont fait 'Le grand MC Alger des années 1970" l'équipe qui entra dans la légende en rasant plusieurs trophées nationaux et continentaux, le 1er de ces trophées fut le championnat national, le 1er du club et celle en 71/72, le second titre du même genre fut remporté en 74/75 mais le MC. Alger durant cette même année a aussi décroché une place africaine pour 1976
1976 ! le MC. Alger arrive à faire un triplé qui jusqu'à aujourd'hui reste inégalé en Algérie (Championnat - Coupe - Coupe d'Afrique) le doyen gagne son 3e championnat, sa 3e coupe, et la première coupe d'Afrique algérienne.
Viendra alors la saison 77/78 Le MC. Alger change d'appellation en MP. Alger (Mouloudia des Petroliers d'Alger) et gagne le 4e titre de champion d'Algérie Le Mouloudia frappe encore durant la saison 78/79 en remportant son 5e titre de champion mais aussi le 5e dans les années 1970, et sa 3e coupe en 76.
Cette année fut la fin de la série de bons résultats car c'était le dernier championnat avant 20ans car il a fallu attendre jusqu'en 1999 pour redécouvrir la saveur de vaincre avec une équipe composée de plusieurs bons joueurs tels que Saifi, Ben Ali, Rahmouni, Dob
À signaler aussi pendant les années 1980-90 la coupe remportée par le club (83) et la relégation en D2 (84/85) et aussitôt l'accession (85/86), puis le MC. Alger a frôlé le titre en (88-89), après cela et pendant 10ans l'équipe jouait sans ambition et se contentait du maintien en D1 avant que vienne le titre de la saison 1998/1999 avec un certain Saifi dans l'effectif mais aussi l'année du surnom de "CHNAOUA" aux supporters du Mouloudia par leur nombre et leurs déplacement avec leur équipe Mais après la délicieuse saison de 1998/1999 venait un véritable cauchemar pour les chnaoua car le MCA ne gagnait plus et cela pendant une période de plus d'un an depuis le match de blida (1999/2000) au match de Blida (2000/2001) au stade du 5 juillet, le MCA n'échappe pas a la relégation durant la saison qui suit (2001/2002), selon les professionnels et autres techniciens et observateurs le doyen ne pouvait pas espérer mieux pour lui en attendant l'accession s'est faite avec une équipe que s'est re-dessinées avec un entraîneur du nom de Saàdi, d'anciens joueurs comme Benali (à qui l'en doit une grande partie de l'accession) et des jeunes joueurs ou recrues tels : Belkheir, Chaouch, Hamoutane, Fodhili
Durant les années 2004-2005 et 2003-2004, le MCA réalise de bons résultats mais ne parvient toujours pas à remporter un nouveau titre.
Le Mouloudia ne renoue pas avec le succès avant la saison 2005-2006 ou plus précisément le 15 juin 2006, ou, sous la houlette de François Bracci, elle s'impose en finale de Coupe d'Algérie face à l'éternel rival, l'USM Alger dans un match explosif ou l'intensité fût de mise. Une rencontre que le MCA remporta finalement sur le score de 2-1 (Doublé de Noureddine Daham pour le MCA et un but de Mintou Doucouré pour l'USMA). Au coup de sifflé final, Alger explose, les rues sont remplies et la capitale rentre en ébullition. Les nuits blanches qu'avaient vécu les Algérois une semaine avant la finale continuent
L'année suivante, le MCA remporte un autre titre face à la JSK en finale de la Supercoupe d'Algérie (mettant en opposition le champion sortant et le vainqueur de la coupe). Match ou le Mouloudia s'illustra grâce aux buts de Bouguèche (40') et Belkaid (75'). La JSK était parvenu à égaliser à la 56' par l'entremise de Douicher. Malgré ce succès, François Bracci est évincé peu de temps après le président Mohamed Messaoudi et il cède sa place à l'Italien Enrico Fabbro alors qu'un directoire s'installe à la tête du club dirigé par Omar Ketrandji. Finalement, le nouveau coach parvint, malgré une saison très décevante ou l'équipe termina 11e, à rééditer l'exploit de la saison précédente en remportant à nouveau la Coupe d'Algérie encore une fois face au rival de toujours. Le match se termina sur le score de 1-0 grâce à un magnifique bolide de Fodil Hadjadj qui se logea en pleine lucarne du gardien adverse Mohamed Amine Zemmamouche. À l'issue de cette rencontre, comme la saison passée, la capitale rentre en euphorie et les défilés ne s'arrêtent plus. Après ce match, le MCA confirme sa suprématie devant l'USMA (le Mouloudia ayant remporté 4 finales/4 face à son grand rival) et par la même occasion, démontre encore une fois qu'il reste imbattable en finale
Le 1er novembre 2007, le Mouloudia rencontre dans la finale de la Supercoupe d'Algérie le champion en titre l'ES Sétif. Cette rencontre étant la dernière pour l'entraîneur Italien Enrico Fabbro, celui-ci se devait de quitter par la grande porte. Mission accompli pour le coach des verts et rouges qui offre au Mouloudia son quatrième trophée en deux ans grâce à une victoire 4-0 (Younès (6', 58'), Belghomari (51'), Badji (54'). Cette rencontre sera notamment marquée par l'intégration dans l'équipe titulaire de plusieurs jeunes joueurs formés au club (Khelloufi, Koudri, Belkheir et Kaddour) Est-ce le début d'un nouveau cycle au Mouloudia ? C'est tout ce qu'on espère. Pour finir et en revenir au match, fait très important à signaler: le MCA continu son petit bonhomme de chemin et reste invaincu en finales... Qui mettra donc fin à ce cycle d'invincibilité ?
Le 14 novembre 2007, l'ancien international Algérien, Abdelmalek Cherrad, s'engage pour 18 mois avec le Doyen. Trois jours plus tard, soit le 17 novembre, l'entraineur Belge Jean Thissen prend les rennes du club.

USM Alger
L'histoire d'une Union qui a donné naissance à une grande famille Sportive Algérienne est racontée par l'un des bâtisseurs de cette fabuleuse épopée. Le défunt M. El-Hadj Ahmed Kemmat un des membres fondateurs de l'Union Sportive Musulmane Algéroise, nous emporte par son récit tel un voyage dans le temps.
Cet article parût en 1987 à l'occasion du cinquantième anniversaire du club et de son accession en Division Une sur les colonnes du magazine Africa 1 Sport le numéro 18 préparé par M. Moncef Bendjemaâ.
Ce témoignage du père fondateur ne peut être que complet, il reste d'ailleurs le seul et l'unique document provenant du seul membre restant en vie à cette date là, rappelons que M. El-Hadj Ahmed Kemmat est décédé en novembre 2003.
À notre connaissance il n'existe aucun document qui relate d'une manière aussi détaillée du tout début la naissance de l'USM Alger. Ceci dit, la recherche ne s'arrêtera pas là, nous continuerons l'investigation et la récolte des documents, photos et témoignages afin d'enrichir nos archives.
L'Union Sportive Musulmane Algéroise est donc née et était prête à participer en 1938 au championnat de troisième division À cette époque beaucoup de joueurs avaient émis le vu de venir dans ce club, malheureusement le règlementation (licence B) le leur interdisait. De plus, tous les clubs engagés devait avoir un stade pour la compétition. Un critère pour lequel la fédération d'alors se montrait intransigeante. Voilà ce que fit M. El-Hadj Ahmed Kemmat devant ces deux problèmes: La fédération de l'époque exigeait un contrat avec un stade d'une durée minimum de cinq ans. Ceci pour assurer le déroulement des compétitions. J'avais contacté les dirigeants de l'O Pointe Piscade l'actuel Rais Hamidou et nous nous étions entendu en lui versant annuellement cinq mille francs. Pour l'argent, inutile de vous dire d'où il provenait, ajoute-t-il avec un soupir qui en dit long sur l'état d'esprit qui régnait en ce temps-là. Plus intéressés que jamais nous nous interrogions sur cette question et plus particulièrement sur cette histoire de licence (B).
Sourire en coin, M. El-Hadj Ahmed Kemmat nous confie Nous nous étions sciemment affilié à la Fédération Sportive de Gymnastique du Travail la première saison. Du coup lorsqu'on passa à la fédération de football précisément, il n y avait plus aucun obstacle. Tous ceux qui voulaient opter pour l'USMA pouvaient le faire. Il n'y avait aucun empêchement. On débuta donc en troisième division et on termina à la troisième place. Ce n'était pas si mal pour un début. Quant à l'argent, il provenait tout simplement des quêtes, des dons, des recettes des fêtes que l'on organisait. Les autres clubs amis nous prêtaient gracieusement les équipements, les terrains pour les entraînements. Voilà les ressources de l'USMA de l'époque. Il faut vous dire aussi qu'en ce temps-là, le joueur payait sa cotisation, son équipement et même son déplacement. Combat politique, le sport "indigène" devait survivre et les sacrifices de tous genres ne se comptaient plus.
Puis arrive la guerre mondiale, la deuxième, plus cruelle que jamais. La compétition officielle est arrêtée. Un championnat symbolique la remplace. Deux groupes sont crées. L'USMA se trouve avec le Gallia Sports d'Alger, le RU Alger, l'autre groupe comprend le MC Alger, l'AS Saint-Eugénoise entre autres. Cela dure trois saisons.
M. El-Hadj Ahmed Kemmat passe la main sur ses cheveux, tire une bouffée de sa énième cigarette et ajoute: C'était une façon de nous faire connaître et les résultats ne se sont pas faits attendre. Abderahmane Ibrir ancien demi-centre de l'ASTA est devenu gardien de but chez nous et à même connu sa première sélection d'Alger sous nos couleurs. D'autres après, séduits par le club l'ont suivi. Il y a eu Hassen Zitouni, Rabah Zouaoui, Ismael Mahmoudi - un ailier vif comme l'éclair bien qu'il boitait d'une jambe - tous du MC Alger M'Hammed Naceri et Houari du GS Orléans-ville (actuel ASO Chlef), Berkani de l'O Tizi-Ouzou et beaucoup d'autre encore ..
L'USMA est un club connu malgré le peu de moyens qu'il possède. La reprise des compétitions officielles survient en 1942. Pour la saison 42-43, l'USMA revient en troisième division selon la réglementation en vigueur. M. El-Hadj Ahmed Kemmat intervient: Les règlements le stipulaient. Vous pensez bien, faire une faveur à un club musulman était inimaginable. Néanmoins au bout de cette saison, l'USMA accède en deuxième division avec Mustapha El-Kamal comme entraîneur. Que dis-je, il était plus que cela, un éducateur, un père pour tout le monde. La mentalité qu'il inculquait devait nous servir bien longtemps après son départ. Un grand homme assurément. Son image est encore vivante, là où il est passé.
L'USMA accède par la suite en 1951 en première division avec les Krimos, les frères Azzouz, Chabli, Benhaik C'est en même temps, la veille de la période des grands départs vers Hammam Lif.
Le siège est maintenant rue de Bône a ouvert entre-temps ses portes à d'autres sections sportives comme la boxe, le basket-ball et le cyclisme. Les activités continuent leur petit bonhomme de chemin grâce au dévouement des Abdelkader Amrani, Mohamed Abdelhamid, Abdelkader Cherchari, principaux animateurs de ces nouvelles disciplines.
M. El-Hadj Ahmed Kemmat tient à nous rappeler ceci: Abdelkader Cherchari qui était à la tête de la section cycliste avait même fait don d'un "trois - pièces" que l'USMA utilisa comme siège. Des exemples de ce genre, chacun en a donné selon ses possibilités. C'était cela l'USMA, une école où les jeunes prenaient comme modèle tous ces hommes qui les couvaient Tenez, cela me revient. Ali Zemmouri un de ceux qui faisaient partie du groupe-fondateur avait la particularité de se charger chaque fin de saison du rafistolage de toutes les paires de chaussures de football et à ses frais. Ce geste peut vous paraître anodin. Il le serait moins quand vous saurez que tout ce temps, il le prend sur son congé annuel. C'est à mes yeux le dirigeant qui incarne le mieux, tout l'amour qu'il éprouve pour le club. Je le revois assis au milieu de toutes ces godasses, ces clous, semelles, s'acquittant de sa tâche. Cette manière de contribuer à la vie du club est en fait un exemple à méditer pour toutes les générations montantes .
Ne vous inquiétez pas M. El-Hadj Ahmed Kemmat, nous méditons beaucoup, particulièrement lorsqu'on on constate ce qui se passe de nos jours.
La pause-café, un rite que nos "vieux" ont su garder jalousement vient nous extirper de nos profondes réflexions. Qu'il aurait été passionnant de vivre cette période! Tout le monde qui uvre dans le même sens, vers le même but et pour le bien de tous, c'est fantastique. A ce titre M. Kemmat précise: Les vestiaires? On y allait jamais en cas de victoire. C'est après les défaites que joueurs et entraîneurs ont besoin de soutien. N'étaient-ils pas nos fils? Ne fallait-il pas les protéger? Plus vulnérables qu'ailleurs, nos joueurs en ont un besoin vital. Songez que parmi eux il y en a que l'on a vu naître. Pour d'autres, on a assisté à leur naissance puis à leur circoncision et enfin à leur mariage. Il est clair que dans ces conditions, le jeune, éduqué comme il l'a été, ne peut répondre que par le respect. Et c'est ce que demandent tous ces hommes qui, à l'instar de M. El-Hadj Ahmed Kemmat ont sacrifié une partie de leur vie tout court, sans demander quoique ce soit en contrepartie.
Après un moment plein d'émotion, la discussion reprend. On parle de tout, les anecdotes se succèdent. On retient celle qui suit, elle a trait aux problèmes des équipements: Nous n'avions pas de couleurs précises. Faute de moyens, nous nous faisions prêter des jeux de maillots pour les matches de compétitions. À ses débuts, l'USMA avait opté pour le vert et blanc respectivement pour le maillot et short, le rouge pour les bas. Un jour que nous portions les couleurs d'un autre club, le match s'était soldé par un 6 à 0 en notre faveur devant un adversaire qui évolua en vert et blanc. Cette situation provoqua un incroyable imbroglio chez un des supporters qui ne nous portait pas dans son cur. Le malheureux avait cru pendant longtemps que nous avions pris la raclée, lui qui avait applaudi à tout rompre chacun des six buts. Lorsqu'il s'aperçut qu'on disait vrai, quelle déception pour lui! Depuis ce jour, il fut l'objet d'incessantes taquineries fort amusantes. Pour en revenir à l'équipement proprement dit, l'USMA avait choisi le rouge et le noir et avait bénéficié de plusieurs dons par la suite.
Des l'indépendance, M. El-Hadj Ahmed Kemmat est toujours secrétaire général du club. Il y restera jusqu'au 1968. Son expérience des affaires du football le conduira au bureau de ligue jusqu'en 1967 et au bureau fédéral à partir de 1964 jusqu'en 1967. Cette période vient à point nommé pour ce dirigeant très écouté, estimé et débordant d'activité.
Une longue période de chômage - en 1956, l'USMA à l'instant de tous les autres clubs musulmans cesse ses activités sportives sur ordre du FLN - n'affecte en rien notre homme. Il déborde d'énergie à l'idée de travailler dans une Algérie libre. Un fol enthousiasme le gagne. Des projets, il en a plein la tête. Il se met tout de suite au travail. Son premier pari il le réalise dès 1962 en mettant sur pied le premier tournoi maghrébin avec la participation du Wydad de Casablanca de Al Ittihad Tripoli de l'ES Tunis et bien sûr l'USMA.
Cette manifestation footballistique est prévue pour les festivités du 1er novembre 1954. M. El-Hadj Ahmed Kemmat raconte : Le choix des équipes invitées fait. Il fallait s'envoler vers ces pays frères afin d'arrêter toutes les commodités. Saïd Meddad frère de Arezki Meddad et qui avait succédé à Mohamed Zennagui partit pour Tunis, Hadj Omar Dahmoune lui, fût envoyé comme émissaire à Tripoli et moi à Casablanca. Tout ceci à nos frais. L'USMA prenait en charge l'accueil, l'hébergement et la restauration. À ce propos, je dois saluer la grande disponibilité et la compréhension de nos frères tunisiens, marocains et libyens qui firent preuve en cette occasion d'un remarquable sens de solidarité..
Finalement, on saura par la suite que ce tournoi se transforma en trois matchs amicaux puisque la JS El Biar et le MC Alger devaient s'ajouter aux quatre premiers participants. Néanmoins, la première commémoration du déclenchement de la lutte armée connut un premier succès. Ce dernier en appellera d'autres.
Aujourd'hui, M. El-Hadj Ahmed Kemmat vit une retraite paisible partagée entre le café du coin, la mosquée et le foyer. Il le mérite bien. Le sport, le football, il est au courant de tout. Il suit l'évolution du football dans le monde et plus particulièrement le nôtre avec attention. La réforme par exemple qu'il juge salutaire sous tous ses aspects.
Il est parti, d'autres ont pris la relève et continueront la tâche qu'il a commencée en compagnie de tous ses amis. Tous sans exception. Un club c'est un tout. Du président au garde matériel, de l'entraîneur au sympathisant, en passant par le joueur, le dirigeant, le soigneur etc. Tout le monde est concerné. Le mérite, si mérite il y a, ne nous revient pas, à nous exclusivement. Tous ceux qui ont contribué, de quelque manière que ce soit, sont concernés avoue-t il en conclusion. Merci M. El-Hadj Ahmed Kemmat , l'humilité n'est pas qu'un simple mot dans votre bouche.
L'USKA a fêté ses cinquante ans d'existence et l'occasion de réunir tout le monde n'a pas été saisie. Beaucoup de ces personnes, n'ont pas participé à cette fête. Du père fondateur, M. El-Hadj Ahmed Kemmat au fils sympathisant comme Boualem Rahma, le chanteur chaâbi, un dingue des "rouges et noir", tout le monde a été oublié. Omission involontaire ? Ingratitude ? Quelles que soient les raisons, la fête n'a pas été totale. Quel dommage.
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